Le secret était levé et l’affiche était belle. Si le public fut un peu faible il se révéla attentif à un set de qualité. Depuis quelques années, Half Asleep (composé de Valérie Leclercq et parfois de sa sœur Oriane) ne cessait et ne cesse d’attirer l’attention ainsi que l’émerveillement ; des milieux d’abord indies jusqu’à un public un peu plus large aujourd’hui. Alors qu’est sorti il y a peu (We Are Now) Seated In Profile chez Unique Records (en licence libre), petit retour sur Half Asleep en compagnie de Valérie. Ou comment se rappeler que les choses les plus belles sont souvent les plus simples.




Les débuts remontent à 2002 : cela représentait quoi à la base ? Un passe-temps, un réel besoin, une recherche ?

En 2002 j’ai fini le Lycée. En fait je ne savais pas quoi faire, pas quoi choisir comme études, il y avait trop de choix possibles. Je suis restée chez moi et j’ai pris un an, j’ai fait de la musique pendant 5-6 mois. J’avais enregistré une demo 18 titres et c’est de là que tout est parti.

Comment est-ce parti ?

Cela part de matamore, j’étais tombée sur le site par hasard. Parce qu’ils parlent de petits groupes que pas grand monde ne connaît. Et j’ai investi plus ou moins la communauté. Au début j’avais écrit un mail à Didier car il cherchait des gens pour chroniquer et j’écrivais des chroniques, il m’envoyait parfois des disques. Et un moment je me suis dit mais « moi aussi je fais un peu de musique ! » Après avoir enregistré mes premiers essais je lui ai envoyé. Et il les a envoyés à d’autres personnes et ainsi de suite…Ca a bien circulé et c’est comme ça que tout a commencé.

Par rapport à la musique, as-tu une formation initiale ? Ou c’est plus autodidacte ?

J’ai suivi des cours de musique. Entre 7 et 12 ans je crois, ce n’était pas l’académie mais une méthode spéciale pour apprendre la musique aux enfants qui s’appelle la méthode Baertsoen et qui apprend la musique de manière très pragmatique, en touchant le clavier du piano, en chantant, on n’apprend pas à lire les notes ni à les écrire. On apprend à écouter, ça développe bien ton sens musical.

Pour revenir à Half Asleep, Oriane y prend quelle part ? Comment fonctionne Half Asleep ?

Half Asleep, c’est plutôt projet solo. Oriane, en fait, est surtout venue pour les lives. Là, en live cela devenait plus un duo : elle chantait de plus en plus avec moi, elle prenait de plus en plus de place aussi. Mais c’est vrai que la composition c’est souvent moi et elle m’accompagnait aux instruments. Au début, c’était surtout pour les lives, c’est bien de ne pas être seule, elle sait jouer un peu de tous les instruments, c’était super pratique.

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Et toi, un instrument de prédilection ou si tu ne devais en garder qu’un ?

Quelle horreur ! (rires) A la base c’est plutôt le piano. Mais en même temps, quand tu écoutes du folk, du rock….c’est la guitare !

Dans ta manière de composer, on a vu que tu as utilisé le sampler ce soir. C’est amené à se développer la recherche sur les machines ? Ou resteras-tu dans des canevas très folk, très pop intimiste ? Des idées ?

Là c’est une pédale loop. J’ai plutôt utilisé ça pour les concerts parce que j’ai réalisé que, souvent, quand je jouais toute seule ça manquait un peu de relief. Donc j’ai décidé d’essayer quelques trucs comme ça avec la pédale pour donner un peu plus d’ampleur. En fait c’est les deux premiers concerts où j’utilise vraiment la pédale et je pense qu’en concert je vais continuer à travailler avec. Mais pas sur album, c’est moins intéressant.

Au niveau des influences, on évoque parfois Nico…quel était ton univers musical (enfant, adolescente…) ?

Récemment j’y réfléchissais. Je me disais : qu’est-ce que j’écoutais quand j’étais petite ? J’ai un peu du mal à répondre à la question : je ne me souviens plus trop. Je pense que le premier disque que l’on écoutait c’était Celine Dion (rires) parce que ma mère avait acheté le disque D’eux et alors on écoutait ça en boucle ! Voilà c’est ça mon univers musical (rires) ! J’ai toujours hésité à le dire mais il n’y a pas de honte ! Après j’ai écouté la radio, c’était le r-n-b (re-rires) ! En fait il n’y a pas tellement de disques qui viennent de mes parents. Mon père écoutait beaucoup de musique classique. Donc la radio et puis en écoutant la radio tu découvres les premiers trucs rock - commerciaux parce que c’est la radio…des trucs genre Garbage, Tori Amos… Et puis après tu creuses…

La musique dite indépendante est venue par Matamore ou il y avait déjà quelque chose avant ?

Au lycée j’ai rencontré une fille, on était toutes les deux branchées rock et curieuses. On arrêtait pas de s’échanger des trucs. Il y a avait aussi en Belgique une revue qui s’appelait Rif-Raf, on potassait pas mal dedans et on arrêtait pas de découvrir des nouveaux trucs. Il y eu des gros trucs comme Pj Harvey, Björk ou Radiohead et puis après tu vas un peu plus loin avec Smog, Mazzy Star, Cat Power…de plus en plus loin et arrive matamore !

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Dans un proche avenir, des projets ? Ou des collaborations ?

J’ai plein de projets mais ils sont trop à l’état d’ébauche il ne vaudrait mieux pas que j’en parle. Là je pense au prochain album qui va être un peu différent je pense. Et puis peut-être quelques collaborations…

Des collaborations rêvées ?

Peut-être Bridget St John. Mais j’ai sûrement une voix trop proche d’elle, je ne sais pas…

Qu’écoutes-tu en ce moment ?

Je suis dans une période où j’ai besoin d’un peu bruit. Je ressors tous les vieux Sonic Youth, Slint…

Tes impressions sur le concert de ce soir ?

Génial ! J’étais super nerveuse et le public écoutait attentivement.... Pendant le concert je n’ai pas fait tellement de fautes…C’est rare que je sois contente mais là c’était vraiment bien !

Propos receuillis par Thomas Viffry

Photos par Thomas Viffry