Parfois l’on s’entiche d’un groupe. Il suffit d’un rien. Car à la première écoute, on était passé un peu à côté de 55:12. Et puis, petit bonheur de la technologie, l’album ressurgit lors d’une longue déroute dans un train tchèque. La tête par la fenêtre, contemplant la plaine morave tantôt ornée de clochers aux rondeurs délicieuses tantôt d’usines aux cheminées rectilignes, Young & Old pouvait déployer toute son intensité. On redécouvrait, honteusement, un album. Puis on le réécoutait. Encore.

Aussi on craignait l’album suivant. En bête collectionneur, on attendait une édition américaine alors que tout le monde l’avait écouté ou presque. Heureusement changeante, on était – toujours autant - habité par leur musique. Le live – si petite fut la scène pour eux – était alors un moment intense, rare. Peu importait demain ou l’après, l’essentiel était là dans ces quelques notes égrenées, ces deux voix superposées, ces moments en équilibre précaire. Le temps était parti se réfugier, honteux, on ne le vit pas. Face aux discours creux omniprésents, ces quelques ambiances s’avéraient des plus salvatrices. Au sortir du concert, sur un muret avoisinant, même un canard avait trouvé le sommeil, paisible, malgré les badauds passants.

Alors prenez le train, lent si possible, regardez le paysage et laissez la musique vous envahir, vous habiter pour vivre avec.