On ne sait qu’attendre d’une soirée aussi labelisée. Très vite les craintes s’éveillent, croisant un bobo en perdition, pull jacquard et wayfarer alors que la nuit tombe déjà depuis longtemps…Sur la place St-Louis, M. Morel s’affaire sur son plateau, le public encore absent. Direction le FRAC où les manches à air des Vents Contraires de Sophie Usinier semblent rencontrer un écho favorable du public présent. En redescendant vers l’hôtel de ville, le musée de la Cour d’Or joue une carte plus désagréable car trop usitée : la dispersion d’œuvres contemporaines dans une collection permanente. Lorsque l’on connaît un fond, une collection, cela relève plus de l’artifice. L’on remonte aux Trinitaires où l’on arrive à la fin de la Gonzo Performance (Fanny de Chaillé pour la danseuse Christine Bombal). D’abord sceptique devant la danseuse s’escrimant dans un but alors inconnu, cela change avec la lecture d’un texte formidable, intensément vrai. S’en suit Christophe Fiat avec Isadora Duncan est une danseuse crackée que notre bobo aux rayban n’aurait sans doute pas renié. Quand on a une guitare sur scène, c’est bien d’en faire quelque chose, la pose est fatigante ; si bon soit le reste il est temps de partir. Et de trouver un refuge. Ici c’est la galerie Faux Mouvement qui en tient lieu accueillant la formation éclectique et messine Le Kit Corporation (Zero Degré, etc…) des plus convaincante et surtout Lena & The Floating Roots Orchestra. Cela commence de manière froide, presque indus devant quelques visages interloqués. Puis le set évolue, passant par l’electro et finissant sur un dub improbable et maîtrisé. Il n’en faut pas plus, il est temps de rentrer. Une dernière et vaine tentative sur l’esplanade fait comprendre que si blanche est la nuit, il n’en reste pas moins un trou entre 1h et 2h dans la programmation. Alors on repense à ce concert qui ne cesse d’apparaître, de s’amplifier dans le révélateur de la nuit.